Comment pouvoir dire cette part muette,
ma part d’ombre qui depuis 30 ans tente de sortir au dehors
par le fil ténu et tendu de la Peinture ?
Et cela simplement, sans emphase ni redondance …
avec l’humilité de ceux qui ont toujours eu peur
et qui continuent quand même ?


Peut être commencer par dire
que le spectacle des hommes me fait mal,
leur maladresse dans les nuits d’insomnie,
les salles des pas perdus et jamais rendus...
Peut être par préciser ensuite que malgré tout
le miracle d’être encore debout me submerge 
jusqu’à m’émouvoir aux larmes
avec la colère et la pitié pour unique collier…


 

Mais tout cela n’est rien sans la manière de traduire, le Style, le poids écrasant (mais nécessaire) de la Peinture.





 

Au fond, il ne devrait y avoir que des postfaces,
des mots d’Après, à la vue du Tableau
et pourquoi pas (soyons fou)
qu’un long silence où chacun puiserait
(ou non)
de quoi être moins seul,
moins gâché par les convenances,
les habitudes,
tout ce qui rend fou et soumet à la Barbarie.
C’est vers ce moins de solitude que je tends
dans la solitude muette du tableau qui se peint.

Philippe Guerry est né à Bourg en Bresse
en 1963
MDA G531644


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